mardi 27 octobre 2015

Orge hydroponique ou germée: phase expérimentale

Dans notre laboratoire, entre deux douche car il sert aussi de salle de bain, nous travaillons sérieusement sur la germination de l'orge.



Et en fait, l'orge germe et pousse sans qu'on fasse quoique ce soit ou presque, à peine un peu d'eau qui éclabousse sur notre échantillon d'orge à chaque fois qu'on prend une douche.

Allah Le majestueux a dit dans sourate Al-Waqeaa:

Voyez-vous donc ce que vous labourez?
Est-ce vous qui le cultivez? ou [en] sommes Nous le cultivateur?
Si Nous voulions, Nous le réduirions en débris. Et vous ne cesseriez pas de vous étonner et [de crier]:
«Nous voilà endettés!
ou plutôt, exposés aux privations».

Allah gloire à Son nom est Le créateur, Celui Qui donne la vie et Qui la reprend, Le parfait connaisseur, L'omnipotent, et c'est Lui seul qui détient le secret de la vie.
Nous autres créatures, nous ne pouvons qu'observer, analyser, rechercher, apprendre, théoriser, normaliser et standardiser, puis à chaque fois que l'on veut reproduire l'expérience, nous nous efforçons de faire les causes, de réunir les conditions, d'assurer le climat idéal, d'intégrer d'éventuels catalyseurs, mais le vrai génie reste et de loin, celui d'Allah Le très haut, qui donne vie à une graine morte.

Parmi les conditions de germination de l'orge, on note:

  • 20° de température idéale
  • 70 à 80% d'humidité
  • éclairage 
Puis la puissance d'Allah intervient subtilement, et l'orge se met à germer, prend racines, tige et feuille verte.    




Et pour que l'eau ne stagne pas au niveau des racines, provoquant le développement d'une éventuelle moisissure, nous utilisons ce récipient jaune qui ressemble à une passoire.


La germination de l'orge est facile à réaliser chez soi et ne demande qu'un léger arrosage de temps à autre. Une fois le principe maîtrisé, on peut passer à des quantités d'orge plus importantes, en usant de techniques ingénieuses, qui économiseraient énergie et eau, tout en assurant une production maximum d'un fourrage vert nutritif et très apprécié des ruminants et volailles.



Et c'est exactement ce que nous recherchons: un système d'orge hydroponique productif et à faible coût, pour les paresseux et les fauchés. 
Nos expériences se poursuivent, soyez donc au rendez-vous.

samedi 10 octobre 2015

Qui dit curage de la bergerie, dit fumier

Lorsqu'on est berger, qu'on élève des ovins dans une bergerie en stabulation permanente ou seulement une partie de l'année, un jour ou l'autre on sera amené à curer la bergerie, c'est-à-dire faire le vide sanitaire et l'évacuation du fumier, c'est inévitable!



On peut ne faire cette opération qu'une fois par an, il y en a qui préconisent deux fois par an, d'autres préfèrent le faire quotidiennement, de façon hebdomadaire ou mensuelle...



Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon, chacun s'organise comme bon lui semble.



De toute façon même si on évite de penser à cette opération qui n'a rien d'agréable, en la reportant à chaque fois par exemple... le niveau de fumier lui, ne manquera pas de soulever très haut la question!



Voyons plutôt de ce côté là!

Cette image est prise après la fin du curage, elle montre la différence de niveau.



40 cm de hauteur de fumier quand-même, ce n'est pas rien!
Pour donner une petite idée, cela fait un volume de : 40 * 375 * Longueur...
375 cm c'est la distance qui sépare le muret de l'auge.



Dès qu'on aura mis la main sur le mètre, on pourrait mesurer la longueur exacte que nous exploitons actuellement dans cette modeste bergerie de 300 m². On espère juste qu'il n'est pas perdu dans le fumier, ça sera comme... chercher un mètre dans un tas de fumier!



Un très grand tas de fumier, croyez-nous!

Qu'en est-il déjà de nos vedettes D'man?
Elle sont toutes hébergées d'un seul côté du tunnel, et supervisent les travaux du grand ménage!
Elle semblent avoir hâte de retrouver leurs compartiments propres. En attendant, chacune s'occupe comme elle le peut: à grignoter de l'orge et des fèves après une entrée de paille à volonté pour tout le monde, à allaiter les petits pour certaines, et à faire des câlins amoureux pour d'autres.  
Là par exemple, c'est l'heure du repas!


Revenons au vif du sujet!
Il nous reste encore un petit fond de fumier à évacuer avant de refaire un paillage neuf pour accueillir les brebis, et avant de s'attaquer à l'autre côté de la bergerie, in cha Allah bien sûr.
  

Aller courage! Voyons de plus près ce qu'il reste encore comme fumier à sortir aujourd'hui!
Encore tout ça? Lahawla wala qowata illa bi Llah


Bayda! Appelles les renforts!

C'est Bayda, le chat de la ferme, on la surnomme aussi Oum-morora! 
Al-hamdou li Llah, encore une dernière brouette et c'est fini pour aujourd'hui!
Nous n'oublions pas de remercier l'équipe de poules qui sont venues en dernier renfort!


Aller go go go! ne laissez aucun parasite les filles!


Gardes à vous! Mission accomplie, on lève le camp!



Les fourrages qui rentrent dans la bergerie sont valorisés en partie par les brebis et transformés pour la production de lait, viande, cuir et laine, mais aussi pour la production de déchets, enfin, des déchets organiques: les excréments, l'urine et les gaz (Notons que ce ne sont pas vraiment des déchets au sens propre du terme, on reviendra la dessus!).

Les gaz ont l'avantage de s'évaporer dans la nature ne posant aucune inquiétude sauf en ce qui concerne la couche d'ozone. Mais bon! que faire lorsqu'on aime les côtes d'agneaux et les babouches en cuir!
Quant aux excréments et l'urine, ils se cumulent et restent dans la bergerie sans sembler vouloir évacuer par eux-mêmes. Disons avant longtemps, le temps du compostage puis la décomposition. On aura donc vite atteint le plafond dans de telles conditions!

A la limite, si l'on est sur un sol sablonneux, l'infiltration s'occupe de l'évacuation d'une grande partie de l'urine qui entame sans soucis un voyage périlleux à travers les différentes couches du sous-sol, à condition que cette infiltration se fasse assez loin des puits et autres sources d'eau potable. Pareil, on est davantage soulagé si l'on installe une pente qui dirige les déchets liquides hors bergerie sous un soleil ardent. Cette fois c'est l'évaporation qui dissipe une bonne partie du calvaire.

Quant aux déchets solides, il n'y a absolument rien à faire, ils sont déjà bien asséchés et raides et ne bougent donc pas.

Il ne faut pas oublier la litière, souvent de la paille, que l'on rajoute périodiquement, c'est ce qu'on appelle le paillage, pour les besoins sanitaires, pour une laine de qualité et pour le confort des bêtes.

Tous ces déchets s'accumulent à l'intérieur de la bergerie formant ce que l'on appelle le fumier, des tonnes et des tonnes de fumiers. Vous vous rappelez?



Que faire de tout ce fumier?
La suite bientôt in cha Allah

samedi 18 juillet 2015

Elevage de la race Daman: entre Casablanca et Rabat

Ça ne fait que quelques mois seulement que notre petit cheptel expérimental est installé au sein de notre ferme témoin près de Rabat, et les choses vont bien bi fadli Llah. Les naissances multiples se succèdent et la ration que nous administrons pour l'alimentation des brebis semble être assez équilibrée.

Nous n'avons pas noté de difficulté d'adaptation de la brebis D'man au climat ici près de la mer, au contraire elle s'adapte parfaitement.

Nous avons eu beaucoup de naissances simples et doubles, et quelques triples, mais pas encore de portée au-delà. Il faut dire que la plupart de nos brebis sont encore jeunes, on verra si par la suite on aura des quadruplés, ou plus... c'est bien ce qui fait la réputation de la race D'man, n'est-ce pas? Nous vous tiendrons au courant in cha Allah!

Nous enregistrons les informations sur les naissances et dès que celles-ci seraient conséquentes et représentatives nous ferons un traitement statistique, que nous partagerons incha Allah.

Dès que la ration que nous distribuons aux brebis fera ses preuves, nous la partagerons également incha Allah. Nous pouvons déjà révéler sa nature en partie, mais pour les mesures exactes, il faudrait encore attendre un peu. Il s'agit de la bonne paille et de l'eau claire à volonté, l'orge, et bloc de sel. Nous recherchons encore pour un correcteur azoté adéquat. Les tourteaux feraient bien l'affaire, mais ceux du commerce (tourteaux industriels) contiennent des adjuvants et additifs que nous préférons éviter. L'idéal serait donc un tourteau fermier (fait maison). Ce dernier, produit selon un procédé artisanal contiendra à coup sûr plus de matière grasse, ce qui n'est pas inquiétant pour les ruminants, bien au contraire. Reste alors de trouver le moyen d'écouler la production d'huile qui en résultera, mais c'est une autre histoire! Nous penchons également pour les féveroles ou la luzerne.

Attention, l'excès de céréales (l'amidon) provoque l'acidose, moins il y a de concentré dans la ration mieux c'est. Préférez donc, si possible, un bon fourrage avec peu de concentré qu'un fourrage médiocre avec beaucoup de concentré. Ne pas négliger l'apport en vitamines et minéraux, c'est essentiel, mais toujours sans excès (phosphore et calcium).

Il existe des méthodes pour calculer une ration afin qu'elle soit équilibrée, c-à-d afin qu'elle puisse couvrir les besoins de la brebis (exprimés selon l'inra en : unité fourragère (UF) pour l'énergie, grammes pour l'azote (PDI) et les minéraux). Ces besoins différent selon plusieurs critères. On se contente de distinguer 4 principaux stades : brebis vide (ou à l'entretien), préparation à la lutte (flushing), gestante ou allaitante + nombre d'agneaux de la portée (ou taille de la portée). On peut distinguer un autre stade physiologique de la brebis qui est la fin d'allaitement (tarissement).

Les besoins de la brebis sont au plus haut niveau lorsqu'elle allaite, d'autant plus que si la naissance est multiple (naissance de plusieurs agneaux à la fois). C'est le cas des races prolifiques comme la brebis D'man. Il faut donc fournir la ration qui va lui permettre de produire un lait de qualité et de quantité suffisantes pour couvrir les besoins de tous ses petits, en plus de ses propres besoins. A défaut, il faudra compléter au biberon ou à la sonde, ou bien s'aider d'une brebis d'adoption, par exemple une qui a perdu son agneau ou qui a eu une naissance simple.

Les ingénieurs agronomes et les nutritionnistes savent calculer une ration, n'hésitez pas donc à les consulter. Il existe aussi des logiciels qui peuvent vous aider dans ce sens et faire l'estimation pour vous. Il existe également des feuilles de calcul. Les bureaux concernés du ministère de l'agriculture proposent aussi des exemples de ration. Cependant, rien ne vaut au final l'évaluation de l'état corporel de vos animaux, et le bon suivi de leur évolution, et oui il faut les palper de temps à autre. C'est le métier d'éleveur d'être observateur et attentif au moindre signal, et ça s'apprend quand on est motivé.

Enfin, il ne faut pas oublier qu'un changement de ration ne doit pas se faire brusquement, mais toujours progressivement (apport progressif du nouvel aliment étalé sur 1 à 2 semaine), afin de laisser, à l'appareil digestif de la brebis et à sa flore bactérienne, le temps de s'adapter et de se reconstituer.

Photos prise le 1er chawal 1436 - Aid Mabrouk!

 Quelques brebis qui se régalent à l'auge avec leurs agneaux non sevrés


 Une maman et ses petits jumeaux


 Au centre de la photo une antenaise gestante (dents de lait ma cha Allah) 


 Une maman et sa petite qui se chuchotent..! Que se racontent-elles?


 Cette grande noire ma cha Allah est maman de triplé, l'agneau qui la tète n'est pas le sien, c'est tout simplement... un petit voleur! Les agneaux de ce type, on les appelle ici : les pirates.


 Toujours elle, un peu affaiblie d'allaiter quelques pirates en plus de ses triplés... mais cette fois c'est bien l'un des ses petits qui se tient à ses cotés!


 A cause de son grain de beauté sur la lèvre, on l'appelle Chaymae, elle est un peu agitée, sa mise bas ne doit plus tarder in cha Allah, qu'Allah lui facilite! Amine


 Les agneaux sevrés... ils sont un peu tristes quand même à cause de la séparation de maman... mais ils savent que c'est pour leur bien!


 Il faut dire qu'il n'y a pas mieux que l'orge pour leur remonter le moral


 Ces deux là apparemment, qui ne se pressent pas de rejoindre le festin, font exception! Ils vont le regretter s'ils tardent trop, il n'y aura plus rien!



Ils arrivent enfin! Bah voila, c'est pas trop tôt! 


 Après l'orge, retour à l'auge pour encore grignoter un peu de paille




 Coucou l'ami! cava toi?


Quelques petits voisins non encore sevrés qui regardent leurs aînés de très près pour bien les imiter plus tard in cha Allah!

wa Salamou 3alaykoum 

عيد الفطر 1436

 بمناسبة عيد الفطر نسأل الله الملك القدوس ان يتقبل منّا ومنكم صالح الأعمال

 عيد مبروك 


vendredi 10 juillet 2015

Tunnel d'élevage


La solution tunnel est de loin le moyen le plus économique et le plus rapide de loger efficacement les différents animaux d'élevage.







C'est pour ces même raisons de facilité et de rapidité d'assemblage à moindre coût que la construction tunnel est adoptée dans les camps militaires.



C'est une structure qui ne nécessite pas, à ce jour au Maroc, à notre connaissance, de permis de construire, et cela épargne ainsi les démarches administratives et tous les frais qui vont avec.

C'est aussi la solution idéale lorsqu'il y a insécurité foncière, c-à-d en gros que le terrain ne nous appartient pas, que nous l'exploitons sous contrat, et que nous sommes amenés à évacuer un jour. Le tunnel a l'avantage de se démonter rapidement pour être remonté ailleurs, ou revendu car il garde bien sa valeur marchande surtout pour l'ossature métallique, mais aussi le fil de fer et la couverture plastique si elle n'est pas trop abîmée. Alors que dans une construction en dur, qui coûte déjà très cher à l'achat, on ne peut pas récupérer les murs en parpaing par exemple, et lors d'un déménagement de fin de contrat, on peut même nous facturer la démolition des bâtiments, le dégagement et le terrassement du terrain, le tout selon les clauses du contrat.

Monté correctement, et ajusté aux besoins de l'activité pour laquelle il est dédié, le tunnel s'avère résistant et confortable.

De quoi se compose un abri tunnel?
Une armature + une couverture, les deux liés au sol avec un système d'encrage.






L'armature c'est le squelette du tunnel, elle doit supporter le poids de la couverture mais aussi les forces climatiques (neige et surtout le vent). La pluie ne pose généralement pas de problème car la forme tunnel permet l'écoulement des eaux.

Cette armature n'est autre qu'un assemblage de tubes en acier galvanisé. L'acier pour sa rigidité et la galvanisation pour qu'il dure le plus longtemps avant l’oxydation et l'apparition de la rouille.
Les cintres (tubes cintrés) sont reliés avec des croix pour former les arceaux lesquels sont reliés avec des entretoises.
Plus les arceaux sont rapprochés plus le tunnel est solide.

La couverture garde l'abri au sec, protège donc de l'humidité, protège des rayons du soleil et des courants d'air.
Pour que la couverture puisse protéger du froid, ou plutôt au Maroc, de la chaleur caniculaire, en vérité pour qu'elle minimise l'échange de chaleur entre l'intérieur et l'extérieur, il faut impérativement penser à une isolation thermique.

L'idée que la chaleur étouffante est bénéfique à l'engraissement des animaux est fausse. Au contraire, pour une meilleure production et une prévention des maladies, le bâtiment d'élevage doit être bien ventilé et suffisamment isolé, afin d'assurer le volume d'air frais et la température idéals pour chaque type d'élevage. Les gens qui ont fait des recherches longtemps avant nous, ont rédigé des normes qui peuvent donner de bons résultats dans des situations précises. Il faut savoir faire le tri et profiter des expériences qui ont fait leur preuves et qui vont dans le sens de notre éthique et de notre style de vie unique et propre à nous. On ne va pas changer de vie ni réinventer la roue! Mais on prend le meilleur pour l'adapter à notre réalité et à notre histoire. A titre d'exemple, selon les normes, une brebis est au mieux de sa forme à 15°. En posant la question à vive voix aux brebis, on peut toujours attendre la réponse! Mais c'est vrai que lorsque les températures montent, la brebis finit par exprimer clairement son malaise à travers sa paresse et son manque d'appétit. Cela se traduit rapidement par une baisse de productivité. Tandis que les agneaux qui partent plus tôt à l'abattage, à quelques mois d'âge seulement, ils n'ont pas le temps d'exprimer les maladies respiratoires liées à un environnement de vie insalubre.  

L'encrage du bâtiment peut se faire simplement en creusant deux tranchées le long du tunnel pour y enterrer les deux extrémités de la couverture. Mais il existe d'autres méthodes, qui ont leurs avantages et leur coût, qui nécessitent une fondation, un muret, et des matériaux un peu plus élaborés.

Il ne faut pas négliger les côtés pignons pour l'installation de fermetures rideaux par exemple, ou pour plus de sécurité, des portes et des serrures. Bien sûr, les élevages n'attirent pas que les loups et les renards, il existe malheureusement d'autres types de prédateurs dont il faut se méfier, les voleurs.

Comment se procurer un tunnel d'élevage?

Lorsque vous cherchez sur l'Internet, vous trouvez une multitude de fabricants et de revendeurs étrangers de tunnels d'élevage, de serres agricoles ou de jardin, d'abris tunnel ou de tente. Les produits mis sur le marché international sont nombreux et de qualités différentes, avec plus ou moins de garanties, mais ils ont tous un inconvénient commun, le prix. Lorsque vous rajoutez les frais de livraison, la TVA et les taxes douanières, la facture est vite salée. La politique marocaine à travers les taxes douanières élevées pratique le protectionnisme en faveur de certaines industries, et pour la bonne conjecture, disons que c'est pour la protection des intérêts du pays en matière d'économie et de création d'emploi.
Donc pour des raisons financières, une simple personne ayant un modeste budget, est rapidement découragé à l'idée d'importer un tunnel d'élevage. Ça n'est pas un problème, mais c'est l'occasion de remercier le gouvernement pour cette belle opportunité de lui découvrir notre ingéniosité, bi fadli Llah.    
Au Maroc, il existe des serres agricoles en vente d'occasion, qui peuvent très bien être transformées en tunnel d'élevage. Il s'agit par exemple de l'armature Delta9, mais la plus facile à adapter, avec moins de bricolage, c'est bien la SOCODAM... La suite bientôt in cha Allah!  

jeudi 2 avril 2015

Qu'est-ce que c'est D'man ?



D'man ou Daman est une race ovine algéro-marocaine. Cette race se répand dans le sud-ouest algérien et le sud-est marocain, elle constitue la race des oasis et forme la base de l'élevage sédentaire dans la région. Les troupeaux sont à effectif très réduit et comptent rarement plus d'une dizaine de têtes.



ORIGINE 

L'origine historique de la race D'man n'est pas très connue. Elle existe dans les palmeraies des régions pré-sahariennes du Sud maghrebin depuis fort longtemps. Elle se localise essentiellement dans les oasis des vallées du Dadès, du Ziz, du Drâa, du Saoura et dans la région du Gourara. La présence de pendeloques chez certains individus de cette race laisse suggérer une importante contribution à la constitution de cette race des Oasis par les moutons à poils d'Afrique de l'Ouest.



DESCRIPTION 

Cette race à forte hétérogénéité phénotypique est de petite taille et du type longiligne. Elle est caractérisée par:
  • Ossature fine.
  • Tête étroite, convexe chez les femelles plus nettement chez les mâles, avec un plissement de la peau sur le chanfrein. 
  • Absence de cornes chez les brebis comme chez les béliers, sauf dans de rares cas.
  • Oreilles longues tombantes, implantées bas derrière la tête.
  • Cou long, mince et portant des pendeloques chez la brebis, rarement chez le bélier.
  • Queue fine.
  • Pigmentation variable; la tête et la toison peuvent être entièrement noires, brunes ou blanches ou bien présentent une juxtaposition de 2 ou 3 couleurs. 



  

ZONES D'ÉLEVAGE

Le berceau de la race D'man est localisé dans les régions pré-sahariennes du Sud maghrébin, essentiellement les oasis d'Errachidia et Ouarzazate au Maroc, Saoura et Gourara en Algérie et même à Tozeur et Kebili et dans d'autres régions du Sud tunisien.

La race D'man est rustique, elle s'adapte presque partout. Les images montrent nos élevages dans la banlieue Sud de Rabat.  

APTITUDES 

Productions bouchères

Le poids moyen à la naissance est de 1,7 à 2,9 kilogrammes. Les croissances moyennes sont de 160 à 180 g/j entre 10 à 30 jours et 170 à 200 g/j entre 30 et 70 jours. Une étude faite entre 2003 et 2006 sur la croissance de 759 agneaux de race D’man dans les régions de Tozeur (431 agneaux) et Kebili (328 agneaux) conclut les poids moyens des agneaux D’man aux âges types (Voir le tableau ci-dessous).



Tableau: Poids moyens aux âges types (écart type)
Variables
Moyenne, kg (m)
10 j
3,4 (1,3)
P30j
5,9 (2,3)
P70j
11,4 (3,5)
P90j
13,1 (3,6)

En 2003 Derquaoui a trouvé que les agnelles nées en été étaient plus lourdes (27 kg) que celles nées en hiver (25 kg) à la puberté. Le poids moyen adulte est de 30 à 45 kilogrammes chez la brebis et de 50 à 70 kilogrammes chez le bélier. 

Production de laine

La race D’man a une laine de qualité médiocre à mauvaise, cette laine ne couvrant généralement que le dos. Le poids moyen d’une toison varie entre 0,5 et 1,5 kilogrammes. 

Performances

La race D'man est connue par sa forte prolificité, sa précocité sexuelle et son aptitude au déssaisonnement. Les brebis de race D'man ont une activité sexuelle durant toute l'année et cela est expliqué par la distribution des agnelages au cours de l'année avec une légère diminution limitée à certaines périodes (février et août-septembre).



  • Puberté: agnelles nées en juillet (110 à 220 jours d'âge) pendant que les agnelles nées en novembre - décembre (169 à 292 jours après la naissance.)
  • Premier agnelage: a lieu entre l'âge de 9 et 22 mois.
  • Fertilité: une moyenne de 86,9 % en saillie naturelle et 24 % lors d'insémination artificielle.
  • Cycle œstral: 14 jours chez les jeunes brebis, 16,5 jours chez les brebis adultes.
  • L'œstrus: chez les brebis adultes 30 heures et chez les jeunes brebis 24 heures.
  • Taux d'ovulation: élevé chez les multipares (2,78), faible chez les primipares (2,33).
  • Durée de gestation: varie de 148,7 à 150,8 jours.
  • Mortalité des agneaux: 18,4 % des agneaux meurent avant l'âge de 90 jours.
  • Anœstrus post-partum: 40 à 60 jours.
  • Intervalle entre agnelages: entre 191 et 260 jours, donnant une moyenne de 1,4 agnelage par an.

  • Reproduction chez le mâle:
    • Testicule: diamètre 5,7 cm, longueur 8,3 cm.
    • Première éjaculation: a été faite à l'âge de 146 jours.
    • Sperme: à l'age de 23 mois il a un volume de 1,11 ml, motilité de 70,2 % et une concentration de 2,71x10 spermatozoïdes/ml.
    • Comportement sexuel durant toute l'année.
    • Concentration du sperme s'épuise très rapidement suite à des éjaculations successives.
    • Les brebis de race Sardi lutées à des béliers de race D'man présentent une fertilité plus élevée que celle saillies par des béliers de la même race.



SOURCES

http://fr.wikipedia.org/wiki/D'man
Images issues de nos élevages à Ain Atiq près de Rabat.